Science & sport : se dépasser

Jeux Paralympiques : la science en marche

Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort. Le handisport illustre bien la devise des jeux. Les progrès de la science ont permis d’améliorer d’année en année les performances des sportifs handicapés. «On est en pleine phase d’accélération des innovations technologiques dans notre milieu», témoigne Koen Van Landeghem, vice-président de la fédération de handisport Nord-Pas-de-Calais (CRH 59-62). «Les JO de Londres ont servi de tremplin en suscitant de nombreuses vocations.» Les épreuves paralympiques ont engrangé de nombreux records du monde qui ont permis de faire connaître le handisport au grand public. Les limitations imposées par la réglementation officielle (voir encadré) sont loin de freiner les innovations. «Ces dernières années, les technologies carbone ont changé la donne : elles permettent de réduire drastiquement le poids du matériel», indique Koen Van Landeghem. «Avant, un handbike [un vélo actionné à la force des bras] pesait pas moins de 22 kilos. Aujourd’hui, c’est à peine 10. Même chose pour les fauteuils d’athlétisme qui montent jusqu’à 40 km/h, la vitesse moyenne d’un scooter.» Des initiatives permettent à tous les sportifs de bénéficier de ces dernières avancées. C’est le cas en paratriathlon, dernier sport en date à rejoindre les jeux. «Avant les épreuves, chaque équipement est examiné par les juges afin d’être validé», détaille l’expert. «La technologie qui se cache derrière doit forcément être dévoilée. Si elle est autorisée, les plans sont ensuite placés en libre accès sur le site de la fédération internationale.»

Le handisport profite tout autant de l’évolution technique du sport valide. Par exemple, l’imagerie: les athlètes sont désormais régulièrement survolés par des drones afin de suivre au mieux leur entrainement. L’alimentation bénéficie elle aussi de nouveaux matériels. «On peut désormais scanner le corps du sportif afin de déterminer où vont se concentrer les réserves de graisse. Cela permet d’adapter au mieux le régime alimentaire. C’est encore plus important en handisport parce que la prise de poids est extrêmement dure à maîtriser.» Quelques kilos de trop peuvent coûter cher à un adepte du haut niveau, en terme de performances. Tous ces progrès permettront-ils un jour aux sportifs handicapés de damer le pion à leurs homologues valides ? Pas pour le vice-président du CRH 59-62. «Il y aura toujours des cas exceptionnels comme celui d’Oscar Pistorius [premier athlète handicapé médaillé chez les valides] ou Natalie Dutois [unijambiste arrivée 16e au 10 km nage libre]. Mais de tels événements resteront rares, même avec l’avancée de la science. En revanche, cela ouvre l’accès à toujours plus de sports pour un nombre grandissant de personnes handicapées.» La fédération Nord-Pas-de-Calais propose aujourd’hui une trentaine de disciplines. Parmi elles, le rugby, le cyclisme ou encore le tennis.

Titouan Corlet

Appareillés mais pas cyborgs

Il n’est pas toujours aisé de comprendre les réglementations en matière d’équipement. «En handisport, il existe une règle d’or : un athlète ne peut bénéficier de quelque chose qu’il ne possède pas», explique le spécialiste. Malgré l’avancée de la science dans ce domaine, un sportif amputé d’un bras n’a pas le droit d’utiliser une prothèse bionique (un membre artificiel robotisée et articulée, contrôlée par les muscles ou les nerfs). Même interdiction pour les exosquelettes, comme celui qui avait permis à un adolescent paraplégique de donner le coup d’envoi du mondial de football 2014. Qu’en est-il des fauteuils et autres prothèses ? Ceux-ci sont respectivement considérés comme les  “jambes” du participant et comme la continuité du membre manquant… à condition de ne pas comporter d’éléments articulés. Des règles qui visent à ne pas réduire la performance physique à une prouesse technique.

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