Mortel, le dossier !

À chacun son deuil…

 

Afin de s’approprier l’âme des défunts, certaines communautés d’Amérique du Sud et de Papouasie n’hésitaient pas à les manger – parfois juste un petit bout… – ou à les offrir à des étrangers. Appelée “endocannibalisme”, cette pratique funéraire étudiée jusqu’aux années 1950/1970, semble ne plus avoir lieu de nos jours.
Chez les Tibétains, les funérailles célestes consistent à découper le corps du mort et à en donner quelques morceaux aux vautours. L’oiseau emporte-t-il son âme vers le ciel ?
Le deuil s’effectue en trois temps chez les Fali du Nord-Cameroun. Le corps est d’abord enveloppé puis mis au tombeau. Trois ans après, le crâne est prélevé. Enfin, quelques mois après, le crâne est déposé définitivement dans un lieu secret.

La fête peut durer 20 ans chez les Toradja, au sud du centre des Célèbes sur une île d’Indonésie. Vidé, le corps est conservé dans la maison et présenté à qui veut le rencontrer… Mais attention, ce traitement est réservé aux princes ou aux plus hautes castes de la population !

Dans la région centrale des hauts plateaux de Madagascar, les morts sont prétextes à des fêtes régulières, bien arrosées ! Les corps sont sortis des tombeaux environ tous les huit ans pour être enveloppés dans de nouveaux linceuls. Cette pratique s’appelle le famadihana.

Pratiqué environ 3 000 ans avant JC jusqu’au début de notre ère, les pharaons d’Egypte sont momifiés afin de persister dans l’éternité. La première étape consiste à traverser le Nil afin de passer des vivants aux morts et atteindre l’atelier d’embaumement. On ne sait toujours pas grand-chose sur cette pratique mais embaumement et momification durent soixante-dix jours.

 

Au 19ème siècle, certaines sociétés mongoles éloignaient les mauvais esprits d’une façon un peu spéciale… Le corps d’un nouveau-né décédé pouvait ainsi être traîné au bout d’un lien par le père monté sur un cheval au galop.
Au 17ème siècle, les Hurons du Canada – entre autres – enterraient quant à eux leurs bébés morts sous un passage ou sous le seuil de la maison afin que son « âme » puisse être reprise par une femme qui le franchissait.

 

Au 18ème siècle, les Iakoute en Sibérie plaçaient une pièce de fourrure de la taille d’une main – préparée par la défunte avant sa mort – sur le sexe des femmes, sous peine d’être fouettées par de mauvais esprits.

Dans certaines traditions chamaniques, le monde des morts est inversé par rapport à celui des vivants. Or la tombe d’une femme découverte dans le Nord-Est sibérien et datant du 18ème siècle pourrait bien être celle d’une chamane. Car c’est bien simple, tout était à l’envers : Le manteau au contact du corps, la robe par-dessus, les boutons du mauvais côté, les objets à côté de la tête au lieu des pieds…

Alexandra Pihen & Bien fait pour ta com’

Source principale : “Aux origines des rites funéraires – Voir, cacher, sacraliser” de Eric Crubézy aux Editions Odile Jacob (novembre 2019).

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