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Au paradis des animaux

Arthur, 14 ans, se recueille sur la tombe de son bichon maltais Enguerrane.

Il dépose un bouquet de chrysanthème sur la pierre tombale déjà bien garnie : « J’avais six ans quand ma chienne est décédée, je viens ici pour son anniversaire, à Noël et à la Toussaint. Je ne manquerais ces rendez-vous pour rien au monde. C’était ma confidente. »

Le Paradis des Animaux

Cimetière animalier privé, est verdoyant, coloré et propre, créé par Bruno Desmulliez en 2003, il est apprécié et respecté par les habitants de la ville : « C’est une grande réussite, on devrait féliciter le propriétaire. » Cinq cents animaux environ sont enterrés au cimetière de Forest-sur-Marque dans le Nord dont 95 % de chiens et de chats mais aussi des lapins, des tourterelle ou des chinchillas.

“Marco le Grand” a vécu 18 ans. Né en Grèce et mort en France, sa tombe témoigne de ce passé européen.

Amoureux des animaux, Daniel, 77 ans, et Nicole, 82 ans, ont encore le cœur gros. Ils se recueillent sur la tombe d’Ania, un des premiers chiens enterrés au cimetière. Ils se souviennent de leur découverte des lieux : « Quand nous sommes arrivés, il n’y avait rien ici. Aujourd’hui, c’est un endroit agréable, plein de couleurs où l’on aime se promener et s’occuper de la tombe de notre chienne. » Pourtant, lors de son ouverture, ils étaient perplexes quant à l’évolution de ce petit paradis. « Je ne pensais pas qu’autant de personnes viendraient rendre hommage à leurs compagnons et entretenir les tombes, c’est magnifique ! »

Un espace commémoratif

Dans le petit bureau en préfabriqué situé à l’entrée du cimetière, une quinzaine d’inhumations ont lieu chaque mois. Une table est réservée à la cérémonie du dernier hommage. Lectures de poèmes, silences élogieux et dernières caresses : au milieu des bougies et des fleurs, la famille se recueille avant la mise en bière. Jean-Michel Desmulliez, neveu du fondateur, respecte ces moments intimes : « Les familles joignent au linceul lettres et souvenirs : ça les rassure. » Au milieu du gazon anglais, chaque tombe est un musée. Elle raconte l’histoire d’amour partagée entre l’animal et son propriétaire : textes gravés sur les plaques ou sur les pierres tombales, photos du disparu, statues, jouets fétiches. « On me demande de plus en plus souvent d’inclure le nom de famille du maître sur la tombe, ceci prouve à quel point l’animal était important pour la famille », confie Jean-Michel Desmulliez. Une seule règle à respecter au Paradis des Animaux : ne pas afficher sur les sépultures de symboles religieux ou confessionnels. Abrité par les bouleaux, le jardin des souvenirs recueille les urnes ou les cendres des animaux incinérés : « Cet endroit est réservé aux personnes apprenant l’existence du cimetière trop tard… » Seuls les chevaux ne trouve pas leur place au Paradis. La demande est fréquente, mais le propriétaire n’a ni la place ni l’argent pour inhumer les équidés : « Je le regrette car la relation entre le cheval et son propriétaire est très forte. »

Après la cérémonie d’adieux au Paradis des Animaux, Laurie a inséré un poème dans le linceul de son lapin Blacko.

A la Toussaint, le petit parking n’est pas assez grand pour accueillir les familles venues se recueillir auprès de leurs compagnons : « Vous verriez le samedi et le dimanche, il y a parfois plus de monde ici qu’au cimetière humain à côté. ­» Jean-Michel Desmulliez. Le paradis des meilleurs amis de l’Homme n’a pas de limites !

Sophie Martos & Alexandra Pihen

 

Les cimetières animaliers ailleurs en France

Le Nord propose deux autres cimetières animaliers. Ouvert en 1994, celui de Quaëdypre compte aujourd’hui près de 150 tombes. Le chenil de Phalempin-Chemy dispose également d’un espace réservé. Il existe par ailleurs une trentaine de cimetières animaliers en France.

Le plus prestigieux reste le cimetière des chiens à Asnières-sur-Seine où chiens, chats, oiseaux, lapins, hamsters, poissons, chevaux et même singe trouvent le repos éternel. Il accueille également de nombreux animaux célèbres, comme Rintintin, et des animaux de personnes célèbres : Camille Saint-Saëns, Alexandre Dumas ou Sacha Guitry. Ouvert en 1899, il est considéré comme le premier cimetière animalier créé au monde.

S.M. & A.P.

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